tjmetre.fr — Benchmark TJM freelance — Imprimé le 23/09/2026Le point de départ : aucun droit, aucune cotisation
Le président de SASU est assimilé salarié : il relève du régime général, paie des cotisations salariales et patronales sur sa rémunération, et bénéficie de la couverture maladie et de la retraite. Mais il ne cotise pas à l'assurance chômage, et n'ouvre donc aucun droit aux allocations.
Ce n'est ni un oubli ni une anomalie : c'est le statut. Le gérant majoritaire d'EURL et le micro-entrepreneur sont dans la même situation. Seul le salarié — y compris le salarié porté — cotise et acquiert.
Sources : Bpifrance Création et mon-entreprise.urssaf.fr.
Ce que l'assurance des dirigeants couvre réellement
C'est le point que presque aucun comparatif ne précise, et c'est pourtant celui qui décide. La garantie se déclenche sur la perte involontaire du mandat :
- révocation ou non-renouvellement du mandat ;
- éviction du dirigeant dans le cadre d'un redressement judiciaire ;
- liquidation judiciaire ou cession de l'entreprise ;
- dissolution anticipée, fusion-absorption ou restructuration supprimant le poste, décidées sous contrainte économique.
Le fil commun est explicite : la perte doit être subie, pas choisie. C'est ce critère d'involontariat qui conditionne le versement.
Autrement dit, pour un freelance en société unipersonnelle, l'assurance couvre un événement qu'il ne rencontrera quasiment jamais, et laisse de côté celui qu'il rencontre vraiment : l'intermission.
Le second obstacle : l'assiette assurable
L'assurance couvre le revenu net fiscal professionnel, hors dividendes, avec un plancher d'assiette de 24 030 € et un plafond de 240 030 € en 2026.
Or la SASU dite « optimisée » se rémunère au minimum et sort le reste en dividendes. À 500 €/jour, notre simulateur donne :
| Stratégie | Net final | Base assurable | Assurable ? |
|---|---|---|---|
| SMIC + dividendes | 56 845 € | 17 475 € | non — sous le plancher |
| Tout en salaire | 48 418 € | 56 880 € | oui |
L'optimisation qui produit le meilleur net détruit la capacité à s'assurer. Pour être couvert, il faut renoncer aux dividendes et se verser un salaire — ce qui coûte 8 427 € de net par an à ce niveau de TJM, avant même d'avoir payé la moindre prime.
Trois conditions qu'on découvre trop tard
Au-delà du risque couvert, la souscription elle-même est encadrée. Ces trois points ne figurent presque jamais dans les comparatifs, et chacun peut disqualifier un freelance :
- Un délai de carence de douze mois. Aucune indemnité n'est versée pendant cette période, même en cas de sinistre avéré. Autrement dit, souscrire parce qu'on s'inquiète pour les prochains mois ne sert à rien : c'est une protection qui se prépare un an à l'avance. Les créateurs d'entreprise peuvent voir ce délai réduit sous conditions.
- Une adhésion préalable à une organisation patronale (MEDEF, CPME ou U2P) est exigée — la garantie a été créée par elles. Les créateurs bénéficient d'un régime dérogatoire temporaire, mais le justificatif d'adhésion doit suivre.
- Une entreprise en bonne santé au moment de souscrire : ni pertes, ni report à nouveau négatif. On ne s'assure pas quand ça va déjà mal.
Ce dernier point mérite d'être posé franchement : cette assurance se souscrit quand tout va bien, se paie pendant un an sans rien couvrir, et ne se déclenche que sur un événement qu'un freelance seul associé ne rencontre presque jamais.
Ce que coûte la prime, et ce que donne la provision
Les assureurs ne publient pas leurs barèmes. Les derniers taux publics que nous ayons trouvés se situaient entre 3 % et 4,3 % du revenu garanti selon la tranche et le niveau — mais ils datent de 2016, et nous ne les présentons donc pas comme actuels. Nous raisonnons en fourchette, et un devis reste indispensable.
| À 500 €/jour | Montant |
|---|---|
| Base assurable (revenu net fiscal) | 56 880 € |
| Prime annuelle, fourchette 3 → 5 % | 1 706 € → 2 844 € |
| Même somme provisionnée sur 3 ans | 6 826 € |
| Sur 5 ans | 11 376 € |
| Sur 10 ans | 22 752 € |
Aucune hypothèse de rendement : la provision est simplement additionnée. Cet article ne recommande aucun placement et n'en simule aucun.
Rapporté à une dépense mensuelle approchée par le net (4 035 €/mois), la provision de trois ans couvre environ 1,7 mois d'intermission, celle de cinq ans environ 2,8 mois.
Ce n'est pas spectaculaire, et c'est justement l'intérêt de le chiffrer : la provision seule ne remplace pas une assurance qui verserait 55 à 70 % du revenu pendant un à deux ans. Mais elle a deux propriétés que l'assurance n'a pas — elle est acquise, et elle se déclenche pour n'importe quelle raison, y compris celle qui vous arrivera vraiment.
Quand l'assurance est, elle, le bon choix
Le raisonnement ci-dessus vaut pour un freelance seul associé de sa société. Il s'inverse dès que le risque redevient assurable :
- Plusieurs associés. Un mandat peut être révoqué par une assemblée : le risque est réel, subi, et couvert.
- Une société avec des salariés et des engagements. Le redressement ou la liquidation cessent d'être théoriques.
- Un dirigeant non fondateur, nommé par un actionnaire qui peut le remplacer.
- Une activité fortement capitalistique, où l'échec se solde par une procédure collective plutôt que par une mise en sommeil.
Dans ces situations, la prime achète une vraie couverture d'un vrai risque. Le décalage décrit plus haut disparaît.
Et si le vrai sujet était le statut ?
Il existe une troisième voie, souvent écartée trop vite : le portage salarial. Le salarié porté cotise à l'assurance chômage et ouvre des droits à l'ARE — environ 57 % du salaire journalier de référence, jusqu'à 30 mois avant 53 ans. Le déclenchement ne dépend d'aucune procédure collective : la fin de mission suffit.
À 500 €/jour, le portage laisse 46 431 € contre 48 418 € pour la SASU tout en salaire — soit 1 987 € d'écart, avant de retrancher la prime d'assurance que la SASU devrait payer pour approcher la même protection. Une fois la prime déduite, l'écart change de sens : c'est le portage qui laisse 288 € de plus, soit 0,6 % du net. À cette échelle, le revenu ne départage plus les deux statuts.
Ce n'est pas une recommandation : le portage a ses propres inconvénients — frais de gestion sur tout le chiffre d'affaires, aucune capitalisation, aucune optimisation possible. Mais quand on compare des statuts, il faut comparer à couverture égale, et presque personne ne le fait.
Sources — Statut social du président de SASU : Bpifrance Création, Urssaf. Conditions et paramètres 2026 de la garantie dirigeants : GSC. ARE : France Travail. Nets calculés par le moteur de TJMètre, le même que le simulateur. Cet article est une information générale et ne constitue ni un conseil en assurance ni un conseil en placement. À jour au 27/08/2026.
Questions fréquentes
Le président de SASU cotise-t-il au chômage ?
Non. Il est assimilé salarié pour la maladie et la retraite, mais il ne cotise pas à l'assurance chômage et n'ouvre donc aucun droit aux allocations. Le gérant majoritaire d'EURL et le micro-entrepreneur sont dans la même situation.
L'assurance chômage des dirigeants couvre-t-elle l'absence de clients ?
Non. Elle se déclenche sur la perte involontaire du mandat : révocation, non-renouvellement, liquidation ou redressement judiciaire, dissolution sous contrainte économique. Si votre société continue d'exister et que vous restez président, il n'y a pas de perte de mandat — donc pas de versement, même sans mission.
Puis-je m'assurer si je me verse le SMIC et des dividendes ?
Difficilement. La garantie porte sur le revenu professionnel hors dividendes, avec un plancher d'assiette de 24 030 € en 2026. Une rémunération au SMIC passe sous ce plancher : il n'y a presque rien à couvrir. Pour être assurable, il faut se verser un vrai salaire, ce qui coûte déjà du net.
Y a-t-il un délai avant d'être couvert ?
Oui, et il est long : douze mois de carence à compter de la signature, pendant lesquels aucune indemnité n'est versée, même en cas de sinistre avéré. Cette protection se prépare donc un an à l'avance — souscrire parce qu'on s'inquiète du trimestre à venir ne sert à rien. Les créateurs d'entreprise peuvent voir ce délai réduit sous conditions.
Faut-il adhérer à une organisation patronale ?
Oui, la garantie exige une adhésion préalable au MEDEF, à la CPME ou à l'U2P — elle a été créée par ces organisations. Les créateurs bénéficient d'un régime dérogatoire temporaire, mais le justificatif doit suivre. C'est une démarche et un coût supplémentaires, rarement mentionnés dans les comparatifs.
Combien coûte une assurance perte d'emploi de dirigeant ?
Les assureurs ne publient pas leurs barèmes. Les derniers taux publics que nous ayons trouvés se situaient entre 3 % et 4,3 % du revenu garanti, mais ils datent de 2016 : nous ne les présentons pas comme actuels. Seul un devis donne le chiffre de votre cas.
Provisionner soi-même, est-ce vraiment mieux ?
Cela dépend du risque que vous courez. Pour un freelance seul associé, l'assurance couvre un événement improbable et laisse de côté l'intermission, qui est le risque réel : la provision est alors plus utile, parce qu'elle se déclenche pour n'importe quelle raison et qu'elle reste acquise. Dès qu'il y a d'autres associés, des salariés ou un mandat révocable, l'assurance retrouve tout son sens.
Y a-t-il un statut qui donne droit au chômage ?
Oui : le salariat, y compris le portage salarial. Le salarié porté cotise et ouvre des droits à l'ARE, déclenchés par la simple fin de mission. En contrepartie il paie des frais de gestion et perd toute capitalisation.
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