tjmetre.fr — Benchmark TJM freelance — Imprimé le 10/08/2026Du TJM au salaire net : ce qu'un freelance gagne vraiment
Le tarif journalier est un prix de vente, pas un salaire. Entre les deux : les jours que personne ne vous paie, les cotisations, l'impôt. Voici le trajet complet, chiffré sur 23 726 observations réelles et calculé avec les taux 2026 en vigueur.
À jour au 10 août 2026 · Complément de « Combien gagne un freelance ? »
L'essentiel
- Le TJM médian est de 560 €/jour, sur 23 726 observations des douze derniers mois.
- Un an de travail, ce sont 218 jours facturés, pas 365 : soit 122 080 € de chiffre d'affaires.
- Il en reste 63 238 € nets dans le statut le plus favorable, soit 52 % de ce que vous facturez.
- Le choix du statut vaut plus de 21 086 € par an à chiffre d'affaires strictement identique.
- Le régime micro n'est plus accessible à ce tarif : son plafond est dépassé dès 150 jours facturés.
Combien gagne vraiment un freelance en 2026 ?
Un freelance dont le tarif journalier se situe à la médiane du marché, soit 560 € par jour, et qui facture 218 jours dans l'année, encaisse 122 080 € de chiffre d'affaires et conserve 63 238 € nets, soit environ 5 269 € par mois, dans le statut le plus favorable — ici, SASU à l'impôt sur les sociétés. Autrement dit : 48 % de ce qu'il facture ne lui revient pas, et c'est le meilleur des cas.
Ce chiffre surprend surtout ceux qui viennent du salariat, parce qu'il additionne deux écarts que l'on a l'habitude de rencontrer séparément. Un salarié ne voit jamais les cotisations patronales, retenues avant que le brut n'apparaisse sur sa fiche de paie ; il ne voit pas davantage les jours non travaillés, puisqu'ils lui sont payés. Le freelance encaisse les deux de plein fouet, et dans cet ordre.
Premier écart : les jours que personne ne vous paie
Une année compte 365 jours ; un freelance en facture environ 218. L'écart n'est pas du confort. Il recouvre les week-ends et les congés, bien sûr, mais aussi tout ce qui constitue l'entreprise elle-même : la prospection, la rédaction des propositions, la comptabilité et les déclarations, la formation, et surtout l'intercontrat — ces semaines entre deux missions où l'activité continue sans qu'aucune facture ne parte.
C'est la première raison pour laquelle multiplier un TJM par 365, ou même par les 218 jours ouvrés théoriques, produit un chiffre irréel. Un tarif journalier ne se compare pas à un salaire : il faut d'abord le convertir en volume annuel réellement facturable, et ce volume dépend de votre carnet de commandes bien plus que de votre calendrier.
Ce que rapporte chaque palier de jours facturés
À tarif constant, voici le revenu net obtenu selon le nombre de jours réellement vendus, dans le statut le plus favorable à chaque niveau d'activité.
La progression n'est pas linéaire, et c'est tout l'intérêt du graphique. Chaque palier retient le statut le plus favorable et juridiquement accessible à ce niveau d'activité : le régime micro dans le bas du tableau, une société au-delà. Le barème de l'impôt étant progressif, les derniers jours facturés rapportent mécaniquement moins nets que les premiers.
Un détail mérite qu'on s'y arrête, parce qu'il est contre-intuitif et coûteux : entre 140 et 180 jours facturés, le revenu net baisse, de 56 605 € à 52 836 €, alors même que le chiffre d'affaires progresse de 22 400 €. La raison n'est pas fiscale mais juridique : on franchit le plafond du régime micro, et le passage forcé au réel fait perdre l'abattement forfaitaire. Il existe donc une zone, autour de 83 600 € de chiffre d'affaires, où facturer davantage rapporte moins — jusqu'à ce que le volume compense. La franchir à moitié est le plus mauvais scénario ; mieux vaut soit rester dessous, soit la dépasser franchement.
Deuxième écart : cotisations et impôt, statut par statut
À chiffre d'affaires rigoureusement identique — 122 080 € — le revenu net varie fortement selon la forme juridique. Ce n'est pas un détail d'optimisation : c'est l'écart le plus important sur lequel un freelance ait la main sans rien changer à son travail ni à son tarif.
| Statut | Net annuel | Net mensuel | Part conservée |
|---|---|---|---|
| SASU à l'impôt sur les sociétés Rémunération minimale + dividendes | 63 238 € | 5 269 € | 52 % |
| Entreprise individuelle au réel Frais réels déductibles | 54 307 € | 4 525 € | 44 % |
| SASU à l'impôt sur le revenu Tout en rémunération | 53 401 € | 4 450 € | 44 % |
| Portage salarial Frais de gestion + charges salariales | 48 336 € | 4 028 € | 40 % |
| EURL à l'impôt sur les sociétés Gérant majoritaire, statut TNS | 42 152 € | 3 512 € | 35 % |
| Micro-entreprise (BNC) (hors plafond) Abattement forfaitaire, pas de frais déductibles | 88 142 € | 7 345 € | 72 % |
Pourquoi la micro-entreprise disparaît de la course
Le régime micro plafonne le chiffre d'affaires des prestations de services à 83 600 € pour la période 2026-2028 (entreprendre.service-public.gouv.fr), un seuil relevé lors de la revalorisation triennale — il était de 77 700 € entre 2023 et 2025. À 560 € par jour, ce plafond est dépassé dès 150 jours facturés, soit environ sept mois d'activité pleine. Le régime reste excellent pour démarrer, tester une offre ou exercer à temps partiel, mais il n'est structurellement pas dimensionné pour une activité de conseil à plein temps au tarif médian du marché.
Sa seconde limite est plus insidieuse : l'abattement forfaitaire de 34 % remplace toute déduction de charges (bofip.impots.gouv.fr). Vos cotisations se calculent sur le chiffre d'affaires brut, sans égard pour ce que l'activité vous coûte réellement. Le taux applicable est de 25,6 % pour un micro-entrepreneur en BNC relevant du régime général depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 (urssaf.fr), et de 23,2 % pour les professions libérales réglementées affiliées à la Cipav (urssaf.fr). Tant que vos frais sont faibles, l'arbitrage est favorable ; dès qu'ils montent — matériel, déplacements, sous-traitance —, il se retourne.
À retenir sur l'ACRE. L'exonération de début d'activité a été réduite : elle est de 25 % pour les entreprises créées à compter du 1ᵉʳ juillet 2026, contre 50 % auparavant (entreprendre.service-public.gouv.fr, décret n° 2026-69 du 6 février 2026). Une simulation de première année trouvée sur un site non mis à jour surestime donc aujourd'hui votre net.
Combien gagne-t-on selon son métier ?
La médiane globale masque des marchés très différents. Voici la dispersion réelle par famille de métiers, du premier quartile au troisième — autrement dit la fourchette dans laquelle se situent la moitié centrale des freelances de chaque spécialité.
Deux enseignements. D'abord, l'écart entre le bas et le haut d'une même famille de métiers est souvent plus grand que l'écart entre deux métiers différents : le positionnement, l'expérience et la capacité à négocier pèsent davantage que l'intitulé du poste. Ensuite, se situer au premier quartile plutôt qu'au troisième, sur une année pleine, représente plusieurs dizaines de milliers d'euros de chiffre d'affaires. C'est précisément ce que mesure notre baromètre par métier et par ville.
Quel taux horaire se cache derrière un TJM ?
Rapporté à une journée de 7 heures (service-public.fr), un TJM de 560 € correspond à 80 € de l'heure facturée. Mais ce taux horaire est un prix de vente, pas une rémunération : une fois ramené au net et réparti sur les heures réellement travaillées, administratif compris, il descend nettement.
C'est la raison pour laquelle comparer un TJM à un salaire brut mensuel n'a pas de sens direct. La comparaison honnête se fait à coût égal pour l'entreprise cliente, et c'est un exercice à part entière : nous le détaillons dans notre comparatif entre revenu freelance et salaire.
Ce que le net ne dit pas : la protection sociale
Comparer un net de freelance à un net de salarié sans regarder ce que chacun achète avec ses cotisations fausse le raisonnement. Trois différences pèsent lourd.
- Le chômage n'existe pas. Le président de SASU relève du régime général mais ne verse aucune contribution d'assurance chômage, et n'ouvre donc aucun droit (service-public.fr). L'allocation des travailleurs indépendants existe, mais plafonnée à 26,30 € par jour et limitée à environ six mois, sous conditions strictes (entreprendre.service-public.gouv.fr).
- L'arrêt maladie commence par un trou. Les indemnités journalières des indépendants ne sont versées qu'à partir du quatrième jour, après un délai de carence de 3 jours (ameli.fr). Sans prévoyance complémentaire, un arrêt long se traduit par une perte sèche.
- La retraite se valide en heures, pas en euros. Un trimestre s'acquiert avec 150 heures de SMIC, dans la limite de 4 trimestres par an (legifrance.gouv.fr). Se rémunérer très peu pour privilégier les dividendes optimise le net immédiat et dégrade les droits futurs : c'est un arbitrage, pas un repas gratuit.
Ce dernier point mérite d'être posé franchement, parce que la stratégie « rémunération minimale plus dividendes » est celle qui sort en tête de notre tableau. Elle est parfaitement légale et souvent rationnelle, mais elle déplace une partie de votre rémunération hors du champ des droits contributifs. Les dividendes supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le relèvement de la CSG sur les revenus du capital par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (economie.gouv.fr) — et ils n'ouvrent, eux, aucun droit à la retraite.
Trois leviers pour augmenter le net sans toucher au TJM
- Facturer plus de jours. C'est le levier le plus rentable et le moins exploité. Réduire l'intercontrat d'un mois sur l'année, à 560 € par jour, représente environ 11 200 € de chiffre d'affaires supplémentaire — sans aucune négociation tarifaire.
- Choisir la bonne structure. L'écart mesuré plus haut entre le meilleur et le moins bon statut atteint 21 086 € par an à chiffre d'affaires identique. Le taux réduit d'impôt sur les sociétés, de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (legifrance.gouv.fr), y joue un rôle central.
- Déduire ses frais réels. Impossible en micro par construction. Au réel, matériel, déplacements, formation, cotisations de prévoyance et versements sur un plan d'épargne retraite viennent réduire l'assiette. C'est aussi ce qui rend la comparaison entre statuts dépendante de votre structure de coûts : notre simulation retient 5 % de frais professionnels, la vôtre sera différente.
Calculez votre net réel
Votre TJM, vos jours, vos frais : le simulateur compare les statuts avec les taux 2026 et vous dit ce qu'il vous reste.
Simuler mon revenu netComment ces chiffres sont obtenus
Les tarifs proviennent de 23 726 observations collectées sur douze mois glissants, agrégeant les déclarations des freelances sur le site, les baromètres Free-Work et Silkhom, les annonces Free-Work et l'API de France Travail. Une précision de méthode s'impose : les médianes par métier sont calculées sur la base déclarative (4 068 réponses sur la période), tandis que le total agrège les cinq sources. Nous ne prétendons donc pas calculer une médiane sur l'ensemble du volume.
Les taux réglementaires — cotisations, barème de l'impôt, plafonds, impôt sur les sociétés — sont stockés avec leur source officielle et mis à jour à chaque évolution ; chaque chiffre cité dans cet article renvoie à la fiche qui l'établit. Enfin, trois hypothèses relèvent de la modélisation et non du droit, et il est plus honnête de le dire : le taux global de 44 % de cotisations pour un travailleur non salarié, la répartition 42/22 % des charges en SASU, et les 218 jours facturés de référence. L'URSSAF ne publie pas de taux global unique : elle publie un barème cotisation par cotisation, qui varie selon la tranche de revenu. Notre modèle en donne une approximation raisonnable, pas une vérité juridique — pour un montant à l'euro près, votre expert-comptable reste l'interlocuteur.
À noter également : la réforme de l'assiette sociale des indépendants s'applique en 2026. L'assiette devient unique, avec un abattement forfaitaire de 26 %, et une part plus importante des prélèvements bascule de la CSG vers des cotisations retraite contributives — à prélèvement global inchangé, mais avec de meilleurs droits (urssaf.fr).
Questions fréquentes
Quel salaire net pour un TJM de 560 € ?
À 560 € par jour et 218 jours facturés, le chiffre d'affaires atteint 122 080 €. Il en reste environ 63 238 € nets par an dans le statut le plus favorable, soit à peu près 5 269 € par mois. L'écart entre le chiffre d'affaires et le net vient des cotisations sociales, de l'impôt et des frais professionnels : selon le statut retenu, ils absorbent entre 48 et 65 % de ce que vous facturez.
Quel est le TJM moyen d'un freelance en France ?
Le TJM médian constaté est de 560 € par jour, toutes spécialités confondues, sur 23 726 observations collectées sur douze mois glissants. La médiane est plus fiable que la moyenne : elle n'est pas tirée vers le haut par quelques tarifs très élevés. L'écart entre métiers reste important, un profil junior et un architecte cloud n'étant pas sur le même marché.
Combien de jours un freelance facture-t-il réellement par an ?
Environ 218 jours, contre 365 jours calendaires. La différence n'est pas du repos : elle recouvre les week-ends et congés, mais aussi la prospection, les devis, la comptabilité, la formation et les périodes d'intercontrat. C'est le premier écart, et le plus sous-estimé, entre un tarif journalier et un revenu annuel.
La micro-entreprise est-elle intéressante à ce niveau de TJM ?
Non, elle n'est même plus accessible. Le plafond de chiffre d'affaires du régime micro pour les prestations de services est de 83 600 € : à 560 € par jour, il est dépassé dès 150 jours facturés. Le régime micro reste pertinent en début d'activité ou à temps partiel, pas pour une activité pleine au tarif médian du marché.
Un freelance cotise-t-il pour le chômage ?
Non, ni en société ni en micro-entreprise. Le président de SASU relève du régime général mais ne verse pas de contribution d'assurance chômage et n'y ouvre donc aucun droit. Il existe une allocation des travailleurs indépendants, plafonnée à 26,30 € par jour et limitée à environ six mois, sous conditions strictes de revenus et de cessation involontaire. C'est un filet, pas un revenu de remplacement.
Comment augmenter son revenu net sans augmenter son TJM ?
Trois leviers, dans l'ordre de rendement. Facturer davantage de jours : chaque jour gagné sur l'intercontrat ou l'administratif se convertit presque intégralement en net. Choisir le bon statut : à chiffre d'affaires identique, l'écart entre le statut le plus favorable et le moins favorable dépasse ici 21 086 € par an. Enfin déduire ses frais réels, ce que le régime micro interdit par construction puisque son abattement forfaitaire remplace toute déduction.
Sources
- Taux de cotisations des auto-entrepreneurs — urssaf.fr
- Plafonds du régime micro pour 2026-2028 — entreprendre.service-public.gouv.fr
- Barème de l'impôt sur le revenu, revenus 2025 — service-public.gouv.fr
- Statut social et fiscalité du président de SASU — entreprendre.service-public.gouv.fr et entreprendre.service-public.gouv.fr
- Taux de l'impôt sur les sociétés — entreprendre.service-public.gouv.fr
- Relèvement de la CSG sur les revenus du capital, LFSS 2026 — legifrance.gouv.fr
- ACRE, taux d'exonération applicable depuis le 1ᵉʳ juillet 2026 — entreprendre.service-public.gouv.fr
- Indemnités journalières des indépendants — ameli.fr
- Allocation des travailleurs indépendants — entreprendre.service-public.gouv.fr
- Validation des trimestres de retraite, article R351-9 du code de la sécurité sociale — legifrance.gouv.fr
- Réforme de l'assiette sociale des indépendants — urssaf.fr
Pour aller plus loin : le baromètre TJM par métier, comment fixer son tarif, calculer le TJM nécessaire pour un revenu cible et le guide des statuts.