tjmetre.fr — Benchmark TJM freelance — Imprimé le 09/08/2026Questions fréquentes
Peut-on sous-traiter en micro-entreprise ?
Rien ne l'interdit, mais c'est économiquement ruineux. En régime micro, le chiffre d'affaires déclaré est BRUT : les sommes reversées à vos sous-traitants ne se déduisent pas, puisque l'abattement forfaitaire remplace toute déduction de charges réelles. Sur 100 000 € facturés dont 70 000 € reversés, vous déclarez 100 000 €, vous dépassez le plafond du régime, et vos cotisations représentent 85 % de votre marge réelle. Dès que la sous-traitance devient régulière, il faut passer en société.
Quelles sont mes obligations quand je sous-traite à un autre freelance ?
Deux principalement. Apporter une valeur propre — cadrage, engagement de résultat, coordination : une opération à but lucratif dont l'objet exclusif serait le prêt de main-d'œuvre est interdite par l'article L8241-1 du code du travail. Et respecter l'obligation de vigilance : pour tout contrat d'au moins 5 000 € hors taxes, exiger l'attestation de vigilance URSSAF à la signature puis tous les six mois. À défaut, la solidarité financière vous rend redevable des cotisations de votre sous-traitant.
Mon assurance responsabilité civile professionnelle couvre-t-elle mes sous-traitants ?
Pas automatiquement. Beaucoup de contrats RC professionnelle ne couvrent que le travail effectué personnellement par l'assuré. Dès lors que vous portez la mission, vous répondez du résultat devant le client, y compris pour la part exécutée par un tiers. Il faut donc vérifier explicitement que la garantie s'étend au travail sous-traité, et exiger en parallèle que chaque sous-traitant dispose de sa propre RC pro.
Quelle marge puis-je demander sans être abusif ?
La marge est libre. Le test n'est pas son niveau mais sa justification : qu'apportez-vous encore au douzième mois de mission ? Si la réponse tient — garantie de paiement, coordination, responsabilité du résultat, avance de trésorerie — une marge de 15 % se défend sans difficulté. Si elle ne tient pas, aucun pourcentage ne se défend. Annoncez-la, écrivez-la, plafonnez-la et rendez-la dégressive : c'est ce que vous exigeriez d'un intermédiaire.
Sous-traiter à d'autres freelances : ce que ça change vraiment
Vous refusez des missions faute de temps. Les porter et en confier une partie change votre métier — et votre fiscalité bien plus brutalement que vous ne l'imaginez. Le piège du régime micro, la trésorerie, l'assurance, et la marge que vous pouvez demander sans reproduire ce que vous dénoncez.
À jour au 4 août 2026 · Suite de « Marge d'intermédiaire »
L'essentiel
- En micro, sous-traiter est ruineux : le chiffre d'affaires déclaré est brut, ce que vous reversez ne se déduit pas.
- Vous devenez responsable du résultat, y compris de la part exécutée par un tiers — vérifiez que votre RC pro le couvre.
- Vous devenez banquier : vous payez votre sous-traitant avant d'être payé.
- Vendez une prestation, pas une personne — sans valeur propre, l'opération est illicite.
- Appliquez-vous ce que vous exigez des autres : marge écrite, plafonnée, dégressive.
Le piège du régime micro, chiffré
C'est le point qu'on découvre trop tard. En régime micro, le chiffre d'affaires déclaré est brut : l'abattement forfaitaire remplace toute déduction de charges réelles, donc les sommes que vous reversez à vos sous-traitants ne se déduisent pas. Vous cotisez et vous êtes imposé sur de l'argent qui ne fait que transiter.
| Vous facturez au client | 100 000 € |
| Vous reversez au sous-traitant | − 70 000 € |
| Votre marge réelle | 30 000 € |
| Chiffre d'affaires que vous DÉCLAREZ | 100 000 € (brut) |
| Cotisations à 25,6 % | − 25 600 € |
| Soit, rapporté à votre marge | 85 % |
| Base imposable après abattement de 34 % | 66 000 € |
Rien n'interdit de sous-traiter en micro pour une mission ponctuelle de quelques milliers d'euros. Mais dès que cela devient régulier, le régime micro travaille contre vous — et il le fait d'autant plus fort que votre marge est faible, c'est-à-dire exactement quand vous débutez. Le passage en société n'est plus un choix d'optimisation, c'est une condition de viabilité. Comparez les statuts et mesurez l'écart sur votre net avant de vous engager.
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C'est la deuxième surprise, et elle se paie en trésorerie. Votre sous-traitant vous facture à trente jours ; votre client, lui, vous règle à quarante-cinq ou soixante. Entre les deux, c'est vous qui avancez. Sur une mission de six mois à 500 € par jour confiée à un tiers, l'avance dépasse rapidement plusieurs milliers d'euros — au moment précis où vous n'avez pas encore encaissé le premier centime de marge.
Trois parades, dans l'ordre de préférence : aligner contractuellement votre délai de paiement sortant sur votre délai entrant, sans le subordonner à l'encaissement — une clause dite « pay when paid » fait porter à votre sous-traitant un risque qui est le vôtre ; facturer un acompte au client au démarrage ; et surtout séparer les flux, pour ne jamais confondre l'argent qui transite avec le vôtre.
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Ouvrir un compte Qonto — 80 EUR offertsVous répondez du travail que vous n'avez pas fait
Devant le client, c'est vous qui portez la mission. Si la part sous-traitée est livrée en retard, hors spécifications, ou provoque un dommage, c'est votre responsabilité qui est engagée — le client n'a pas de contrat avec votre sous-traitant. Or beaucoup de contrats de responsabilité civile professionnelle ne couvrent que le travail exécuté personnellement par l'assuré.
Deux vérifications s'imposent donc avant la première sous-traitance : que votre propre RC pro étende expressément sa garantie au travail sous-traité, et que chaque sous-traitant dispose de sa propre RC pro, dont vous demandez l'attestation en même temps que celle de vigilance. Deux documents, une fois par an : c'est peu au regard du risque.
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Les deux obligations à ne pas manquer
Elles sont détaillées dans l'article précédent, mais elles vous concernent désormais dans l'autre sens.
- Apporter une valeur propre. L'article L8241-1 du code du travail interdit « toute opération à but lucratif ayant pour objet exclusif le prêt de main-d'œuvre ». Engagez-vous sur un résultat, pas sur des journées-homme.
- Tenir l'obligation de vigilance. Dès 5 000 € hors taxes, exigez l'attestation de vigilance URSSAF à la signature puis tous les six mois. À défaut, la solidarité financière vous rend redevable des cotisations de votre sous-traitant, et vos propres exonérations peuvent tomber.
Quelle marge demander sans devenir ce que vous dénonciez ?
C'est la question qui décide de votre réputation dans un milieu où tout le monde se connaît. Notre position ne change pas de camp : le test n'est pas le niveau de la marge, c'est sa justification dans la durée. Qu'apportez-vous encore au douzième mois ? Si la réponse tient — garantie de paiement, coordination réelle, responsabilité du résultat, avance de trésorerie —, quinze pour cent se défendent sans difficulté. Si elle ne tient pas, aucun pourcentage ne se défend.
Les quatre engagements qui vous distingueront
- Annoncez votre marge avant la signature, sans qu'on ait à la demander.
- Plafonnez-la par écrit dans le contrat.
- Rendez-la dégressive — votre apport décroît, votre rémunération aussi.
- Payez à trente jours, sans clause subordonnant le règlement à votre propre encaissement.
Les six formulations de clauses de l'article précédent se retournent telles quelles : ce que vous exigiez d'un intermédiaire, offrez-le.
Quand faut-il un comptable ?
Tant que vous êtes seul en micro, un outil de gestion suffit — nous l'expliquons dans notre article sur l'expert-comptable. Dès que vous sous-traitez, l'équation change : vous passez en société, vous avez des charges réelles à déduire, un résultat à arbitrer entre rémunération et dividendes, et des factures fournisseurs à rapprocher. Ce n'est plus de la saisie, c'est de l'arbitrage — et c'est précisément là qu'un professionnel se rentabilise.
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Avant de porter la mission, connaissez son prix
Le baromètre donne la médiane réelle par métier et par ville : c'est la base de votre devis, et celle de ce que vous proposerez à votre sous-traitant.
Voir le baromètre Quel statut choisir ?Sources
- Régime fiscal de la micro-entreprise — chiffre d'affaires brut, abattement forfaitaire, plafonds.
- Articles L8241-1 et suivants du code du travail — prêt illicite de main-d'œuvre.
- Article L8222-1 du code du travail — obligation de vigilance du donneur d'ordre.
- L'attestation de vigilance — urssaf.fr.
- Article L441-10 du code de commerce — délais de paiement.
Cet article contient des liens partenaires, signalés comme tels. Ils n'influencent ni le contenu ni les recommandations : les obligations décrites proviennent uniquement des sources officielles citées ci-dessus.