Portage salarial vs SASU : comparatif complet 2026

Charges, protection sociale, chômage et simulation concrète à 500 €/jour.
Données actualisées au 1er janvier 2026.

Comparatif rapide Portage vs SASU

Critère Portage salarial SASU (IS)
Statut du freelance Salarié (CDI ou CDD) Président assimilé salarié
Création de structure Aucune (la société de portage existe déjà) Création d'une société (~400 €)
Frais de gestion 5 à 10 % du CA HT 0 % (mais comptable ~2 500 €/an)
Charges sociales ~64 % du brut (patronales + salariales) ~64 % du brut (patronales + salariales)
Régime social Régime général (salarié cadre) Régime général (assimilé salarié)
Retraite Agirc-Arrco (cadre) Agirc-Arrco (cadre)
Droit au chômage Oui (cotisations ARE) Non (sauf contrat de travail technique)
Optimisation dividendes Impossible Oui (flat tax 31,4 % sans cotisations)
Comptabilité Gérée par la société de portage Expert-comptable obligatoire (bilan + paie)
Gestion administrative Quasi nulle (contrats, factures = portage) Modérée (AG, déclarations, TVA)
Liberté de gestion Limitée (frais encadrés par le portage) Totale (investissements, frais, trésorerie)
Comparaison flux de rémunération portage salarial vs SASU : du client au revenu net

Simulation concrète à 500 €/jour

Pour un freelance facturant 500 €/jour sur 218 jours, soit un chiffre d'affaires de 109 000 € par an :

Élément Portage salarial SASU (IS)
Chiffre d'affaires 109 000 € 109 000 €
Frais de gestion portage (7 %) - 7 630 €
Frais professionnels - 0 € - 5 450 €
Charges sociales - 50 685 € - 46 671 €
IS - 13 872 €
Dividendes nets (flat tax 31,4 %) 40 209 €
Revenu net annuel 43 896 € 56 859 €
Revenu net mensuel 3 658 € 4 738 €
Écart SASU + 12 963 €/an soit + 1 080 €/mois

Stratégie SASU : SMIC + dividendes (flat tax PFU 31,4 %). Portage : frais de gestion 7 %, charges salariales et patronales. Frais pro forfaitaires 5 %, 1 part fiscale, barème IR 2026.

Quand choisir le portage salarial ?

  • Vous débutez en freelance : le portage permet de tester l'activité sans créer de structure juridique, sans comptable, sans capital social. Vous signez un contrat de travail et commencez à facturer immédiatement.
  • Le chômage est important pour vous : c'est le seul statut freelance qui ouvre des droits à l'ARE. En fin de mission, vous pouvez toucher le chômage comme n'importe quel salarié.
  • Vous ne voulez aucune gestion administrative : la société de portage gère les contrats, la facturation, les déclarations sociales et votre bulletin de paie. Vous vous concentrez uniquement sur vos missions.
  • Vous sortez d'un CDI : le portage assure une continuité de statut (salarié → salarié) qui facilite les démarches bancaires (crédit immobilier, location).
  • Missions courtes ou intermittentes : entre deux missions, vous restez salarié du portage et cotisez pour le chômage. Idéal si votre activité n'est pas encore stable.

Quand choisir la SASU ?

  • Vous êtes installé durablement : avec un flux de missions régulier, les frais de gestion du portage (5 à 10 % du CA) deviennent coûteux. En SASU, vous ne payez qu'un comptable (~2 500 €/an).
  • Vous voulez optimiser votre rémunération : la stratégie SMIC + dividendes (à la flat tax 31,4 %) permet de maximiser le net pour les CA élevés. Impossible en portage.
  • Vous voulez contrôler votre trésorerie : en SASU, vous décidez quand et combien vous verser. Vous pouvez investir via la société, provisionner, épargner en interne. En portage, tout passe en salaire.
  • Vous envisagez de recruter ou de prendre des associés : la SAS/SASU est la forme juridique la plus flexible pour accueillir des investisseurs ou transformer en SAS multi-associés.
  • Vous n'avez pas besoin du chômage : si l'intermission ne vous inquiète pas (carnet de commandes plein, épargne de sécurité), la SASU offre un meilleur net pour un coût de gestion moindre.

Le parcours type du freelance

  1. Début : portage salarial ou auto-entrepreneur. Zéro formalité, filet de sécurité (chômage en portage, simplicité en AE). Idéal pour valider son TJM et trouver ses premiers clients.
  2. Stabilisation (6 à 18 mois) : si le CA dépasse régulièrement 70 000 à 80 000 €/an, étudier le passage en société. La micro-entreprise atteint son plafond et le portage coûte cher en frais de gestion.
  3. Création de société : EURL (meilleur net, charges TNS) ou SASU (protection sociale cadre, stratégie dividendes). Consultez notre comparatif SASU vs EURL.
  4. Optimisation : ajuster le ratio salaire/dividendes, investir via la trésorerie, prévoir la retraite et la prévoyance.

Principales sociétés de portage salarial

Les sociétés les plus reconnues sur le marché français. Comparez les frais de gestion (5-10 %), les services inclus (mutuelle, prévoyance, avance de trésorerie) et la réactivité du support avant de vous engager.

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Le portage comme tremplin vers la SASU

Beaucoup de freelances commencent en portage pour tester leur activité, puis basculent en SASU une fois l'activité stabilisée. Voici le scénario optimal :

  1. Mois 1-6 : démarrer en portage, valider son positionnement et ses clients
  2. Mois 6-12 : accumuler 3-6 mois de trésorerie de sécurité
  3. Mois 12-18 : créer sa SASU, ouvrir le compte pro, trouver un comptable
  4. Transition : possibilité de toucher l'ARE pendant la création (cumul CDI portage + création)

Conseil : si vous prévoyez un emprunt immobilier dans les 2 ans, restez en portage jusqu'à l'obtention du crédit. La plupart des banques demandent 2 ans d'ancienneté en CDI ou 3 bilans positifs pour les indépendants.

Coût réel cumulé sur 3 ans

Au-delà du net mensuel, la différence Portage vs SASU s'accumule sur la durée. Voici la projection sur 3 ans à 500 €/jour :

Année Net Portage Net SASU IS Cumulé Portage Cumulé SASU Écart cumulé
Année 1 * 43 896 € 56 459 € 43 896 € 56 459 € +12 563 €
Année 2 43 896 € 56 859 € 87 792 € 113 318 € +25 526 €
Année 3 43 896 € 56 859 € 131 688 € 170 177 € +38 489 €

* Année 1 SASU : frais de création (400 €) déduits. Les deux scénarios incluent les frais récurrents (portage : ~7 % de gestion / SASU : ~2 500 € comptable).

Sur 3 ans, à 500 €/jour, la SASU vous rapporte 38 489 € de plus que le portage salarial. Soit 1 069 €/mois en moyenne. Ce gain couvre largement les frais de création et de comptabilité.

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Questions fréquentes

Le portage salarial donne-t-il droit au chômage ?

Oui. Le salarié porté est en CDI (ou CDD) et cotise à l'assurance chômage. En fin de contrat, il peut toucher l'ARE comme n'importe quel salarié. C'est l'un des principaux avantages du portage par rapport à la SASU, où le président n'a en principe aucun droit au chômage.

Quel est le coût du portage salarial ?

La société de portage prélève des frais de gestion de 5 à 10 % du CA HT. À cela s'ajoutent les charges patronales et salariales (identiques à celles d'un salarié cadre). Pour un CA de 109 000 €, le net en portage est d'environ 43 896 €/an, contre 56 859 € en SASU. La différence s'explique principalement par les frais de gestion et l'absence d'optimisation dividendes.

Peut-on passer du portage à la SASU ?

Oui, la transition est simple. Vous créez votre SASU (environ 400 € de frais), puis vous quittez le portage (rupture conventionnelle ou fin de CDD). Vous pouvez même toucher le chômage pendant la transition si vous remplissez les conditions. Prévoyez 2 à 4 semaines pour les formalités de création.

Le portage est-il compatible avec le crédit immobilier ?

Oui, et c'est un avantage majeur. En portage, vous êtes salarié en CDI avec des bulletins de paie. Les banques traitent votre dossier comme celui d'un salarié classique, ce qui facilite l'obtention d'un crédit immobilier. En SASU, les banques demandent généralement 2 à 3 ans de bilans et sont plus exigeantes.

Aller plus loin :

Simuler mon net · Guide des statuts · Prêt immobilier

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