tjmetre.fr — Benchmark TJM freelance — Imprimé le 30/09/2026Matériel professionnel : ce qui se déduit tout de suite, ce qui s'amortit
Le seuil est de 500 € hors taxes. Encore faut-il être dans un régime qui permet de déduire quelque chose.
Un achat professionnel ne se traite pas de la même façon selon son prix. En dessous d'une certaine valeur, l'administration admet qu'il passe directement en charges : il vient en déduction du résultat de l'année, en une fois. Au-dessus, il devient une immobilisation et se déduit par fractions, étalées sur sa durée d'usage. La frontière est fixée à 500 € hors taxes par unité.
En micro-entreprise, rien de tout cela ne s'applique
Le régime micro ne fonctionne pas par déduction de dépenses réelles. Il applique un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires — 34 % pour les activités libérales et les prestations relevant des BNC, 50 % pour les prestations de services commerciales — et cet abattement est réputé couvrir l'ensemble des charges, achats de matériel compris. Acheter un ordinateur à 2 000 € ne change donc rien à l'impôt dû : la déduction est forfaitaire, pas réelle. Ce qui suit concerne les régimes réels, en entreprise individuelle comme en société.
Le seuil est hors taxes, et les prix affichés ne le sont pas
C'est le détail qui fait se tromper. Le texte fiscal raisonne en valeur unitaire hors taxes, tandis qu'un prix affiché sur une boutique en ligne est presque toujours TTC. Au taux normal de 20 %, le seuil de 500 € HT correspond à 600 € TTC.
L'écart n'est pas anecdotique. Un siège affiché 560 € paraît largement au-dessus du seuil ; il est en réalité à 467 € hors taxes, donc déductible en une fois. À l'inverse, celui qui se fixe une limite mentale à 500 € sur l'étiquette s'interdit sans raison toute la tranche intermédiaire.
Une réserve, cependant : raisonner hors taxes suppose de récupérer la TVA. Sous le régime de la franchise en base, elle n'est ni facturée ni récupérée, et le coût réel de l'achat est bien son prix TTC.
Ce que la tolérance couvre, et ce qu'elle exclut
La déduction immédiate vaut pour les petits matériels et outillages, le matériel et le mobilier de bureau, ainsi que les logiciels. Elle exclut le matériel de transport, qui suit ses propres règles — c'est l'objet du barème kilométrique et de la page voiture du freelance.
Le seuil s'apprécie par unité, mais sur le prix global du bien lorsqu'il est composé d'éléments achetés séparément. Un meuble modulaire dont chaque module coûte 200 € ne se découpe pas en trois déductions immédiates : c'est le prix de l'ensemble qui compte. La mesure ne s'applique pas non plus à l'équipement initial complet d'un local, ni à son renouvellement intégral, même si chaque pièce vaut moins que le seuil.
Au-dessus du seuil : l'amortissement
Passé 500 € hors taxes, l'achat entre à l'actif et se déduit sur plusieurs exercices, selon la durée d'usage du bien. La déduction totale est la même ; c'est son rythme qui change. Pour une première année d'activité, la différence est loin d'être neutre : un achat immédiatement déductible réduit le résultat de l'année, un achat amorti ne le réduit que pour une fraction.
Reste que cette différence ne se pilote pas en découpant artificiellement une facture. Le prix global fait foi, et le choix entre déduction immédiate et amortissement est exclusif : on ne prend pas les deux.
Questions fréquentes
À partir de quel montant un achat de matériel doit-il être amorti ?
Au-delà de 500 € hors taxes par unité. En dessous, le prix d'acquisition se déduit en une seule fois sur l'exercice de l'achat. Au-dessus, il entre à l'actif et se déduit par fractions sur la durée d'usage du bien. La tolérance vaut pour les petits matériels et outillages, le matériel et le mobilier de bureau et les logiciels, mais pas pour le matériel de transport.
Le seuil de 500 € est-il hors taxes ou toutes taxes comprises ?
Hors taxes. C'est la confusion la plus fréquente, parce que les prix affichés en ligne sont presque toujours TTC. Au taux normal de 20 %, le seuil correspond à 600 € TTC : un écran affiché à 560 € reste donc sous le seuil, contrairement à ce que le prix laisse croire.
Un micro-entrepreneur peut-il déduire son ordinateur ?
Non. Le régime micro applique un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires — 34 % pour les activités libérales et les prestations relevant des BNC — et cet abattement est réputé couvrir l'ensemble des charges, achats de matériel compris. Aucune dépense réelle ne se déduit en plus, quel que soit son montant.
La TVA sur un achat de matériel est-elle récupérable ?
Seulement si l'activité est assujettie à la TVA. Sous le régime de la franchise en base, la TVA n'est ni facturée aux clients ni récupérée sur les achats : le coût réel du matériel est alors son prix TTC, et non son prix hors taxes.
Aller plus loin
Le matériel de transport est exclu de la déduction immédiate : il relève de ce barème.
Voiture en freelance →Achat, LOA ou indemnités kilométriques, et les plafonds d'amortissement.
TVA en freelance →Raisonner hors taxes suppose de la récupérer : sous la franchise, ce n'est pas le cas.
Plafond micro-entreprise →Le régime où l'abattement remplace toute déduction de frais réels.
Sources
- BOI-BIC-CHG-20-30-10, BOFiP — dépenses d'acquisition de biens de faible valeur (bénéfices industriels et commerciaux).
- BOI-BNC-BASE-40-60-30, BOFiP — même tolérance pour les bénéfices non commerciaux, matériel de transport exclu.
- Je suis micro-entrepreneur, puis-je déduire des charges ?, impots.gouv.fr.
Informations générales, à jour au 30/09/2026. Elles ne remplacent pas l'avis d'un expert-comptable sur une situation particulière.